(Bse Marguerite Bourgeoys)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Saint-Malo, Québec

le 21 septembre 1929

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 15 septembre 1950

 

Décédée à Montréal

 le 24 février 2018

 dans sa 89e année,

la 68e de sa vie religieuse

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Berthe Bussières est née à St-Malo de Québec, le 21 septembre 1929,  suivant  de près une sœur jumelle Bertha.  Elles étaient les 7ième et 8ième enfants d’une famille de treize, quatre garçons et 9 filles. Son père, Georges Bussières, était mécanicien-machiniste. Sa mère, Marie Jeanne Robitaille, était une femme ingénieuse, prévoyante, toujours présente pour subvenir aux besoins de chacun. La vie de famille était un havre de paix et de joie. Les valeurs religieuses et familiales se transmettaient dans le concret de la vie. On y apprenait à prier, à partager, à s’entraider, à chanter pendant que le père les accompagnait au piano. 

 

L’éducation était une valeur très  importante aux yeux des parents. Tous eurent la possibilité d’aller à l’école aussi longtemps qu’ils l’ont désiré. Berthe fréquenta pendant trois ans, avec sa sœur jumelle, l’école maternelle Notre-Dame de la Providence chez les FMM et termina son secondaire chez les sœurs de la Congrégation Notre-Dame à Québec. Plus tard, au début de sa vie religieuse, elle obtiendra son brevet d’enseignante au Scolasticat-École Normale à Rigaud, un diplôme en piano de 2e année et un brevet en science domestique.

 

Vers l’âge de 10 ans Berthe commença à penser à la vie religieuse. Un jour,  Bertha  reçut de sa marraine une statue de l’Immaculée et s’était écriée : « Je ferai une sœur avec un cordon bleu. » Berthe, elle, avait reçu un livre : la vie de Saint François d’Assise, et avait dit : «Je serai Franciscaine. » En effet Bertha devint Sœur de l’Immaculée Conception et Berthe FMM.

 

Depuis son enfance Berthe avait été proche de celles qui l’accueilleraient un jour : elle avait fréquenté «la goutte de lait », la maternelle, le patronage et l’école ménagère. Un jour au milieu des loisirs avec les jeunes filles du patronage, alors qu’on faisait une visite à la chapelle,  voyant les sœurs en adoration devant le Très Saint Sacrement, elle fut prise par le cœur et décida de devenir adoratrice FMM. Elle entra comme postulante le 15 septembre 1950.

 

Après sa formation religieuse au noviciat de la Grande-Allée, à Québec, elle a comme première mission, l’enseignement à l’école de son enfance, St-Malo de Québec.  Elle y demeurera 13 ans, redonnant à ces petits de 1ère, 2e année les premières connaissances de la lecture, du calcul et du catéchisme.

 

Cependant, au fond de son cœur,  Berthe avait un grand désir, celui de partir pour les missions lointaines porter la Bonne Nouvelle. Mais voilà que ses supérieures lui confient une mission d’éducatrice dans l’Ouest canadien, à St- Laurent du Manitoba chez les métis. Elle y demeura 26 années.

 

Mission formidable où elle a connu deux générations d’élèves, son travail ne se limitant pas seulement à transmettre des connaissances ou donner à des étudiants une formation intellectuelle ; il y avait aussi à son programme la catéchèse, la préparation aux sacrements et les nombreux contacts avec  les parents. Ses élèves garderont toujours mémoire d’une professeure incomparable dont le souci a été de les faire cheminer en épargnant ni son temps, ni ses talents. « Au fil des années, » dira Berthe «je me suis rendue compte que la mission se vit autant ici au Canada, qu’à l’extérieur du pays. » 

 

Sûrement, dirons-nous à notre tour! Cette petite femme qu’était Berthe aura grandement contribué à la formation de femmes et d’hommes, qui aujourd’hui ont pris la direction complète de l’œuvre  éducatrice fondée par les FMM  et   même  quelques-uns de ses élèves seront élus dans la sphère politique pour l’avancement de leur province manitobaine.

 

Après 38 années dans  l’enseignement, elle arriva à Montréal en 1993. Sa mission est loin d’être terminée. Elle sera élue supérieure de la Communauté Ste-Claire, et par la suite deviendra réceptionniste, sous-économe, organiste et conseillère locale. Au-delà du travail accompli, Berthe  laisse le souvenir d’une sœur douce, joyeuse, dévouée et attentive à chacune  de ses sœurs. Franciscaine dans l’âme, elle avait le sens de l’émerveillement, base de  l’adoration, l’amour de la fraternité, la simplicité de l’enfant.  

 

Puis, un jour elle expérimenta les souffrances de la maladie, elle subit  deux infarctus qui l’obligèrent à diminuer son rythme de vie. Elle fut admise à notre infirmerie provinciale le 12 mai 2014.  Elle continuera de vivre à plein sa vie avec son Dieu, s’adonnant à l’adoration, à la lecture pour nourrir sa foi, goûter la vie liturgique, chanter les psaumes, faire du coloriage thérapeutique, avec patience placer les morceaux d’un casse-tête, et tous les après-midi monter au solarium pour admirer la nature avec Sr Kathleen. Elle prenait le temps de revivre les jours heureux de son enfance, communiquait avec ses frères et sœurs et se faisait présente à ses neveux et nièces qu’elle chérissait, et ne manquait jamais d’exprimer sa joie pour la vie avec les sœurs que Dieu lui avait données. 

Les séjours à l’hôpital se faisant  plus fréquents, nous savions que le Seigneur était proche. Berthe exprimait de plus en plus le désir d’être à la maison avec ses sœurs. La veille de sa mort elle sortit soudain d’un coma, et avec la candeur d’une âme déjà dans l’au-delà, elle revint parmi nous pour exprimer une dernière fois avec une tendresse sans pareil, l’affection, la reconnaissance et l’amour qu’elle garderait dans son cœur jusque dans l’éternité. Elle ferma les yeux et le lendemain elle s’est éteinte tout doucement.

Par les cieux devant Toi,

splendeur et majesté…

Je veux crier mon Dieu !

Tu es beau ! Tu es grand !