(Marie Edmée)

Franciscaine Missionnaire de Marie

 

née à Providence, RI, États-Unis

le 16 septembre 1919

 

entrée dans l’Institut à Québec

 le 10 décembre 1940

 

décédée à Montréal

 le 16 juillet 2018

 

dans sa 98e année,

la 78e de sa vie religieuse

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

 

Annette Belhumeur est née à Providence, R.I., aux États-Unis, le 16 septembre 1919. Son père, Henri Belhumeur, était peintre et sa mère, Valéda Bilodeau, s’occupait du foyer, heureuse maman de dix enfants, cinq garçons et 5 filles qu’elle accompagna dans tous les événements de la vie.  Annette était la cinquième. Dans la famille il y avait beaucoup de joie et les parents, par leurs exemples, transmettaient l’éducation religieuse, et encourageaient les enfants à poursuivre leurs études. 

 

La demeure familiale n’était pas loin du noviciat des FMM à Fruit Hill, Providence, États-Unis. Annette visitait souvent la chapelle et voyait les religieuses en adoration devant le Très Saint Sacrement. Cela l’impressionnait beaucoup ainsi que leur vocation missionnaire ! 

 

Pendant une de ses visites à la chapelle, elle ressentit dans son cœur un ardent désir de devenir missionnaire pour enseigner le catéchisme aux petits enfants qui ne connaissent pas le bon Dieu. Alors, elle programma un rendez-vous avec Mère Liliane, Maîtresse des novices, et lui demanda son admission dans l’Institut avec, cependant, une exigence, celle d’entrer à Québec au Canada.  « Pourquoi donc ? » lui demanda Mère Liliane.  «Pour être éloignée de ma famille que j’aime tant et faire le sacrifice de tout, pour me consacrer entièrement au Bon Dieu. » dit-elle. La maman n’était pas trop d’accord, mais après un discernement avec ses parents, Annette obtint enfin cette permission et entra au noviciat de Québec le 10 décembre 1940. Elle avait 21 ans. Un an plus tard, quelle ne fut pas sa surprise de voir sa sœur aînée, Gilberte, la rejoindre à Québec, pour commencer elle aussi sa formation religieuse.

 

Le noviciat fut une période d’émerveillement pour Sœur Annette, son appel à la vie religieuse se confirmait de jour en jour et elle fut heureuse de prononcer ses vœux temporaires le 13 juin 1943. Dix jours plus tard elle recevait son obédience et partait pour Winnipeg au Manitoba. Les terres fertiles de l’ouest canadien avaient autrefois attiré l’immigration, et les religieuses FMM avaient encore un foyer pour dames, et une garderie qui accueillait une quarantaine d’enfants de toutes les nationalités. C’est là, dans un milieu anglais, avec les pauvres, qu’elle passera 12 années de sa vie missionnaire.

 

Disponible et attentive elle se donnait partout où il y avait des besoins. Avec délicatesse elle accompagnait les dames du foyer, enseignait l’anglais aux religieuses d’expression française qui arrivaient dans cette mission, remplissait la responsabilité   d’économe, s’occupait de la sacristie et était responsable de la formation des enfants de chœur.

 

En 1955, elle viendra à Québec pour un peu de repos puis, elle aura, pendant quelques années, la responsabilité de sous –économe provinciale.  En 1966 elle partira pour Ottawa, où une mission particulière l’attendait : l’accueil au foyer réservé pour les retraites fermées.  Dévouée, discrète, silencieuse, elle accueillait les prêtres et les dames avec courtoisie, s’assurait de leur bien-être afin de créer une ambiance de paix et un endroit idéal pour le recueillement.

 

Plus tard quand le provincialat viendra s’établir à Ottawa, Sœur Annette continuera sa mission d’accueil pour des sœurs qui viennent assister à des réunions de province. Elle préparera les chambres avec une attention spéciale, y mettant même du chocolat avec un bel écriteau : Bienvenue ma sœur. Oui, Sœur Annette aimait les choses bien faites et ne ménageait pas sa peine pour rendre tout le monde heureux autour d’elle.

 

Son apostolat s’étendait aussi aux personnes âgées et malades résidant aux alentours du couvent. Discrètement elle allait les visiter, leur apportait un peu de réconfort et s’assurait de leur bien-être. Si parfois elle voyait qu’on les bousculait sur la rue ou dans les autobus elle prenait leur défense. Son grand cœur leur procurait beaucoup de bonheur.

 

Avec les années, les problèmes de santé lui indiquèrent qu’il était temps de passer à une autre étape dans sa vie. Avec résignation elle dut quitter Ottawa pour être admise à notre infirmerie provinciale à Montréal. C’était le 25 mars 2009. Ce grand pas dans la vie d’une personne est toujours pénible, mais Sœur Annette s’est sentie soutenue par ses sœurs et sa famille qui ne manquèrent pas de la visiter souvent. Elle était proche de son frère Paul et son épouse Irène, de ses neveux et nièces. Paul lui téléphonait toutes les semaines de la Californie et elle passait de longs moments à s’entretenir avec lui et sa femme. Ces témoignages d’amour, les visites journalières de ses sœurs religieuses, et l’assistance médicale de tout le personnel de l’infirmerie l’accompagnèrent jusqu’à la fin de sa vie, et lui apportèrent beaucoup de consolation.

 

Annette disait : « Ma vie a été belle et elle est encore belle aujourd’hui sur ce lit de souffrance, parce que j’aime Jésus. »

Au début de sa vie religieuse, Annette avait voulu quitter tout…. tout… pour se consacrer totalement au Bon Dieu ! Au soir de sa vie, elle regardait le passé avec gratitude pour tout ce que le Seigneur avait été pour elle. Et dans l’aujourd’hui des dernières souffrances, elle s’offrait encore à son Bien-Aimé. Dans l’intimité de son cœur elle pouvait dire : « Mission accomplie ! »  Elle aurait eu cent ans l’an prochain le 16 septembre 2019.

La mission de Sœur Annette

était sous la protection de Saint Joseph, patron du Canada. C’est dans ce grand pays qu’elle a offert sa vie.