(Marie Enimia)

Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Manseau, Québec

le 4 mai 1918

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 14 septembre 1938

 

Décédée à Montréal

 le 6 octobre 2017

 dans sa 100e année,

la 80e de sa vie religieuse

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Maria est née à Manseau, diocèse de Nicolet, le 4 mai 1918, de Charles Saint- Pierre et de Dorilda Desmeules. Son père, cultivateur, avait la ténacité et l’endurance de ses ancêtres venus de la Normandie et avait un grand amour pour notre Mère la terre. À 14 ans, sa mère était habile couturière. Quand elle est devenue mère de famille, chacun de ses enfants bénéficiait de ce don. Même toutes les femmes de son entourage venaient se mettre à son école.

 

Maria était la cinquième fille d’une famille de sept enfants. Deux garçons naquirent après elle. Dès son enfance, Maria, s’imprégnant des valeurs familiales, vit grandir en elle l’amour de la nature, du beau et du bien. À l’exemple de sa mère elle était ingénieuse et se lançait dans toutes sortes d’entreprises. Généreuse et douée, d’un sens pratique, elle allait dans le futur contribuer grandement au bien-être de son entourage. Enfin, artiste, elle révélerait sa spiritualité dans les icônes qu’elle allait peindre.

 

Son éducation religieuse fut soignée. Sur les genoux de sa mère elle apprit à connaitre Jésus dans l’Eucharistie. À 9 ans elle reçut le sacrement de confirmation qui l’impressionna beaucoup. « Je fus consciente, » dit-elle, « de recevoir les dons du Saint Esprit et je saisis vivement la responsabilité que j’avais, celle du salut de mon âme. »  Elle fit ses études primaires à l’école du rang. À 15 ans, elle étudia à l’École Normale chez les Sœurs de l’Assomption et enseigna deux ans à l’école primaire de son enfance.

 

Pendant les vacances elle était venue à Montréal pour suivre des cours à l’Institut Pédagogique. Avant la session elle voulut faire une retraite fermée à notre couvent de la rue Laurier. Le Saint Sacrement exposé l’attira si fortement qu’elle en parla au père prédicateur, le Père Louis Nazaire Hamel. Il lui conseilla de voir la supérieure, Mère du Cœur de Jésus.

 

L’accueil chaleureux et maternel gagna sa confiance. Sa décision était prise. Consciente qu’elle demandait un grand sacrifice à ses parents, qui venaient de vivre le départ de sa sœur aînée, Fernande, pour devenir religieuse chez les Sœurs de l’Immaculée Conception, elle demanda avec courage la permission de partir pour devenir FMM.

 

Le 13 septembre 1938, elle commença sa formation religieuse à Québec. Grande-Allée. Les débuts furent très difficiles et lui demandèrent beaucoup d’abnégation et de sacrifices. Femme libre et accomplie, le Seigneur la formait sur les chemins d’humilité, d’obéissance et d’abandon. L’épreuve la rendit vraiment libre et le 19 mars 1941 elle fit ses premiers vœux.

Les supérieures de ce temps-là avaient vite reconnu les grandes qualités et possibilités que possédait Maria. Au lendemain de ses vœux, elle allait commencer sa mission d’envergure et de compétence à travers notre Canada. Elle enseignera une année à Saint-Malo, Québec, sera deux ans directrice au Foyer de Montréal, puis sera nommée procuratrice au Juvénat Sainte- Marie-des-Roses à Rigaud. Sa jeunesse, sa beauté, son énergie impressionnèrent plusieurs de ces jeunes filles qui se préparaient à la vie religieuse. Elle quittera Rigaud pour se rendre à notre couvent d’Ottawa qui venait tout juste d’être construit. Elle organisera cette maison pour l’accueil des retraites fermées.  

 

En 1959, elle est nommée supérieure à Ste-Anne-de-Beaupré où elle esquisse des plans pour améliorer la maison où l’on servait tant de repas aux pèlerins. À peine terminé son mandat de supérieure, c’est Montréal qui la réclame. Un projet de construction l’attend. Projet très complexe, à cause d’un Centre d’Accueil que l’on veut ériger pour des enfants inadaptés. Elle verra à l’exécution des plans et en supervisera les travaux.

 

En 1966, élue pour participer à un Chapitre Général à Rome, elle en sera toujours reconnaissante. À son retour c’est l’Ouest canadien qui l’attend. Elle sera supérieure à Saint-Laurent du Manitoba.

En 1970 Sœur Maria se dit enfin libre de toute grande responsabilité, alors pourquoi ne pas réaliser un rêve qui lui tient à cœur : celui de devenir infirmière ? Effectivement, elle fit des études et à 58 ans elle obtint son permis d’infirmière licenciée lui donnant la joie de prodiguer à ses sœurs des soins fraternels et éclairés.

 

Tout en accomplissant cette mission gigantesque au pays, Maria avait toujours été habitée du désir d’aller dans les missions lointaines. Elle avait, à toutes les étapes de sa vie, demandé de partir, mais toujours la mission d’ici la retenait. Elle s’était inclinée devant la volonté de Dieu ainsi manifestée. La confiance qu’avaient en elle ses supérieures et l’amour de ses sœurs lui avaient inspiré courage et force pour accomplir ces grandes œuvres. Mais surtout, au soir de sa vie, le Grand Architecte des cieux lui avait révélé que lui-même avait dirigé les étapes de sa vie pour en faire le plus beau palais pour l’éternité.

 

Sœur Maria pouvait écrire au soir de ses 70 ans de vie religieuse : « J’aurais aimé être missionnaire ad extra. Mon rêve ne se réalisant pas, j’ai essayé de vivre ce rêve au pays natal. »  

Oui Maria,

ton rêve missionnaire

s’est pleinement réalisé

au Canada.

Nous sommes ici

pour en témoigner.

Ta vie,

dans son dynamisme,

a touché

chacune de nos vies.

Tes talents

ont fait fructifier

nos œuvres.

Ta main guérissante

a soulagé nos maladies,

et ton union à Dieu

nous a rapprochées

de Lui.

 

Sœur Claire Hamelin

témoignage de vie