(Notre-Dame de la Merci)

 

Franciscaine Missionnaire de Marie

 

née à Lauzon, Québec

le 14 septembre 1925

entrée dans l’Institut à Québec

 le 19 novembre 1947

 

décédée à Montréal

 le 21 juin 2017

 

dans sa 92e année,

la 70e de sa vie religieuse

 

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

« J’ai mis tout mon cœur
à l’ouvrage
pour les gens démunis... » 

 

Sœur Yvette dans sa mission à Québec

                                   

 

Sœur Yvette Bégin est née le 14 septembre 1925 à Saint-Joseph de Lauzon, comté de Lévis dans la province du Québec. Son père, Adjutor Bégin, était un fermier et sa mère, Armandine Nadeau, était une institutrice. Tous les deux étaient de fervents chrétiens et laissèrent à leurs quatre garçons et quatre filles un précieux héritage spirituel puisé dans la prière, la pauvreté et dans la fidélité au devoir quotidien. Deux filles seront religieuses. Laurette sera une Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique et passera 38 ans en mission. Yvette sera Franciscaine Missionnaire de Marie et vivra sa mission auprès des plus pauvres à la Basse-Ville de Québec. 

 

Sœur Yvette, la deuxième enfant de la famille, fréquenta l’école primaire, mais la crise économique des années 29-30 l’obligea à rester à la maison pour aider ses parents sur la ferme et seconder sa mère aux soins de ses jeunes frères et sœurs.  Cependant, tous les matins Yvette trouvait le moyen d’assister à la messe chez les Sœurs du Bon Conseil, communauté voisine de la maison familiale.

Toute jeune, elle désirait devenir religieuse. En lisant les Annales, la Revue mariale et la Revue antonienne, elle connut les Franciscaines Missionnaires de Marie. Tout d’abord attirée par Saint François, elle devient membre du Tiers Ordre séculier et à 19 ans, après une retraite, elle fut confirmée dans sa vocation.  Elle fut reçue au couvent de la Grande-Allée à Québec le 19 novembre 1947 à titre de sœur agrégée. 

 

Une de ses premières missions fut la quête ! Elle montra une grande générosité et un total oubli de soi en tendant la main de porte en porte pour les pauvres tout en admirant la générosité des bienfaiteurs. Sa vocation venait de naître. Elle sera pour le reste de sa vie missionnaire avec les pauvres.

 

Après avoir terminé ses études et suivi des cours du soir, elle obtint un certificat de préposée aux malades. À l’infirmerie de Sainte-Anne-de-Beaupré, elle passera 2 ans et demi à aider nos sœurs malades. De retour à Québec, elle sera bénévole au Vestiaire du Service d’Entraide à la Basse-Ville pour confectionner des vêtements pour les immigrants, puis à Lauberivière au service des itinérants.

 

C’est là qu’elle rencontre Monsieur Gilles Kègle, homme de Dieu tout donné aux itinérants dans la Basse-Ville de Québec. La vocation missionnaire de Gilles l’a beaucoup émue et elle s’engagera pendant 8 ans à lui prêter secours.  Elle écrit : « J’ai mis tout mon cœur à l’ouvrage pour les gens démunis et retenus dans leur foyer sans pouvoir en sortir. Je faisais leur lavage, quatre gros sacs chaque semaine. C’était un service qu’ils n’avaient jamais espéré ! Avec joie, je préparais aussi les légumes pour les repas des pauvres. Le jeudi, Monsieur Gilles allait au marché et le vendredi, j’étais chargée de la soupe qu’il voulait ‘Excellente’. »  Sœur Yvette n’oubliera jamais cette dernière mission et demeura unie par la prière à tous ces gens qui se dévouent pour les pauvres.

 

Une des grandes joies de sa vie a été d’avoir pu accompagner sa mère. Après la mort de son père en 1966, elle passait les fins de semaine avec elle. Plus tard à l’Hôtel-Dieu de Québec, elle eut le bonheur de l’accompagner jusqu’à la mort survenue à l’âge de 99 ans.

 

En 2010, Sœur Yvette arriva à Montréal où elle fut membre de la communauté du Sacré-Cœur comme semi-retraitée.  En 2012, elle fut admise à l’infirmerie Sainte-Claire à l’unité B pour les semi-autonomes. Elle se fait attentive à toutes, spécialement à Sœur Aloysia Oeser qu’elle couvrira d’attention. Elle nous parlera de sa famille qu’elle aime tant !  Elle priera avec les sœurs pour que Marie suscite des vocations sacerdotales et religieuses.  Sa supérieure témoignera de la fidélité d’Yvette, de son amour de la prière, de sa participation aux rencontres communautaires et fraternelles.

 

Sa santé faiblissant, elle fut admise à l’unité A de l’infirmerie. Rien ne laissait soupçonner un départ pour le ciel quand elle fut surprise par une pneumonie qui l’emporta bien vite. Quelques jours avant, elle avait dit à Sœur Françoise : « Moi, je partirai très vite. »

 

Sœur Yvette était prête pour le grand départ. Sa vie humble et son amour pour les pauvres témoignent de son amour de Dieu. Nous sommes certaines que le Seigneur, depuis longtemps, lui avait préparé une place de choix.

 

Sœur Yvette avait une grande dévotion à Marie. Elle priait chaque jour l’Office de la Vierge qu’elle connaissait par cœur.

 

« Je remercie Notre Dame de la Merci qui m’a toujours soutenue dans les épreuves qui ont surgi au cours de ma vie et je prie spécialement pour que Marie suscite des vocations sacerdotales et religieuses dans l’Église de notre temps. »

 

Nous nous redisons les paroles du chant Près de toi, Marie de Jean-Claude Gianadda à sa mémoire :

 

Près de toi, Marie, avec toi, Marie,
Tout près de toi pour Lui...

Pour porter l'espoir à tous nos frères,
Pour chanter la paix et la lumière.

Pour s'ouvrir et naître à sa Parole,

Pour brûler chaque jour nos idoles…

Pour briser nos prisons et nos chaînes,
Pour sécher nos larmes et nos peines…

Pour chercher à chaque instant sa Route,
Pour trouver une issue à nos doutes…
 

Pour crier Celui qui nous fait vivre,
Pour choisir chaque jour de Le suivre…