(Marie Emmélie)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à St-Elzéar de Laval, QC

le 29 avril 1914

 

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 14 juin 1934

 

Décédée à Montréal

 le 14 avril 2019

 dans sa 105e année,

la 84e de sa vie religieuse.

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Géraldine Bastien est née le 29 avril 1914 à Saint Elzéar de Laval, Ile Jésus, QC. Son père Émilien Bastien était cultivateur et sa mère Rosanna Hotte demeurait au foyer pour s’occuper de ses 12 enfants : 6 garçons et 6 filles.  Géraldine était la 7e. L’ambiance chrétienne régnait dans la famille et les enfants ont grandi dans une foi profonde. Aurélien le plus vieux, était Oblat de Marie Immaculée et Géraldine avait deux autres sœurs religieuses.

 

Elle fit ses études primaires et secondaires à l’école de la municipalité de Laval, puis obtint un diplôme supérieur à l’École Normale des Sœurs de la Présentation de Marie. Un jour, qu’elle lisait la Presse, elle vit dans une petite colonne en marge avec l’annonce suivante : Un Institut Missionnaire, Adoratrice, les Franciscaines Missionnaires de Marie. Discrètement elle en prit l’adresse et téléphona pour avoir des informations. La voix au bout du fil lui dit : «nous avons une retraite fermée qui commence dans quelques jours, vous êtes la bienvenue. »  Elle fit son inscription, suivit la retraite avec ferveur et touchée par la grâce du Seigneur elle fit sa demande pour entrer dans l’Institut. Géraldine avait 20 ans, elle quitta sa famille et entra au noviciat à Québec le 14 juin 1934.

 

Après ses premiers vœux en 1937, elle eut son obédience pour St-Laurent au Manitoba où elle fit l’apprentissage d’infirmière recevant les premiers cours du médecin traitant.  En 1940 elle prononça ses vœux perpétuels où elle resta jusqu’en 1943 pour aller à Sainte-Anne-de-Beaupré.  En 1946, elle partait pour Jirapa au Ghana où pendant 6 ans elle soigna les plus démunis. Elle revint au Canada pour y subir une intervention chirurgicale, mais sitôt sa convalescence terminée elle faisait la commission à Montréal. 

 

En 1959, elle eut la joie de repartir, mais cette fois pour le Proche Orient, au Liban à Achkout, puis à Rézégat en Égypte. Infirmière née, elle avait appris son métier par l’expérience, l’observation. Elle avait aussi suivi des sessions de recyclage en France à la faculté de médecine de la Croix Rouge. Elle avait une connaissance innée au point de vue diagnostique, et soignait avec succès tous les malades qui réclamaient ses soins.

 

À Achkout, le Ministère général de la Santé lui fit amende honorable pour ce qu’elle avait réalisé, tellement sa qualité de participation comme infirmière avait élevé le niveau sanitaire dans cette région.  À Rézégat, Géraldine allait à dos d’âne, dans les endroits les plus éloignés afin de rejoindre les plus pauvres des pauvres.  Un témoin oculaire de passage à Rézégat raconte, que 20 ans après son départ on vénérait encore le lieu de son dispensaire et gardait un souvenir inoubliable de tout ce qu’elle avait fait pour la population. 

 

En 1975 elle fit une visite à sa famille, et quelle ne fut pas sa surprise, après 32 ans de mission ad extra, d’être appelée à demeurer au Canada. « Quel détachement » dit-t-elle « mais dans la foi j’ai accepté et je me suis remise aux soins des malades à domicile et dans les hôpitaux. » En effet, après avoir poursuivi un cours en gérontologie, elle s’engagea comme infirmière dans des résidences de personnes âgées à Montréal, puis au Centre de Santé Élizabeth Bruyère et aux soins palliatifs à l’hôpital St-Vincent à Ottawa. Le personnel administratif impressionné par son âge, 80 ans, soulignait la qualité de son travail bénévole, son assiduité, son dévouement exceptionnel et sa bonne humeur.

 

En 2002 à l’âge de 88 ans, elle rejoignit ses sœurs dans la grande communauté de Montréal. Elle demeura active s’ingéniant à faire toutes sortes de petits travaux d’artisanat. Mais en 2007, ce fut la grande épreuve : une fracture de la hanche l’obligea à faire son entrée à l’infirmerie provinciale ici à Laurier. Elle était loin de penser qu’elle y vivrait 12 années.

 

Elle vécut alors un temps d’épreuve qui lui fit revivre les grands détachements de sa vie et qu’elle arrosa de ses larmes. « Ces ondées, » dit-elle « m’ont fait prendre racine dans le réel, dans le vrai ; dans mon Dieu à qui j’ai voué toute ma vie en le servant dans mon prochain. »  Dans ces moments de solitude elle jouissait de la présence de sa famille, surtout de son neveu, Robert qui plein de sollicitude la visitait tous les mercredis.

En avril 2014, pour elle année centenaire, elle fit cette prière : « Père, voilà cent ans que tu me fais le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance et mon baptême tu ne cesses de me combler de ton amour infini. Je te rends grâce pour tous les bienfaits reçus : ma famille, les sœurs avec qui j’ai vécu, le personnel de l’infirmerie qui ne cesse de m’accompagner en ces derniers temps de ma vie. Que chacun de mes jours soit une suite d’action de grâce et d’amour jusqu’à la vie éternelle. »

 

Désormais, souffrant de surdité, elle s’enveloppait de silence et contemplait le mystère de sa vie. À l’aube de ses 105 ans, dans la paix, elle s’endormit dans le Seigneur.

Lors de son 60e anniversaire de vie religieuse, Maurice, son frère, aujourd’hui décédé, nous a laissé le plus beau témoignage de la vie de Sœur Géraldine. Je le cite « Géraldine nous dira que sa formation elle la doit d’abord à sa mère, notre mère, une sainte, authentique. Elle nous dirait aussi qu’elle a découvert dans sa communauté une spiritualité qui a comblé son désir d’être missionnaire, adoratrice. Nous avons toujours senti son attachement affectueux et inconditionnel à cette communauté dont elle a souvent vanté la sagesse et la souplesse, la simplicité dans la fraternité. Communauté, soit dit en passant, aux projets audacieux, aussi à l’aise à partager l’angoisse des plus démunis, qu’à revendiquer, pour eux, aux Nations Unies. »  

                         

Géraldine est la dernière de la famille Emilien Bastien. Qu’elle entre dans la paix de Dieu pour le louer avec sa famille et ses sœurs auprès de Marie de la Passion. 

L'ostensoir de la Grande-Allée dans la chapelle de Montréal