(Marie Julienne-Andrée)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Montréal, QC

le 14 mai 1927

 

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 15 septembre 1947

 

Décédée à Montréal

 le 14 avril 2019

 dans sa 92e année,

la 71e de sa vie religieuse.

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Rolande est née le 14 mai 1927 dans la grande métropole de Montréal et fut baptisée le lendemain en l’église St- Ambroise. Son père, Cléophas, travaillait comme décorateur de vitrine et commis dans un magasin à rayons. Sa mère, Maria Major, était une femme pieuse qui éleva 11 enfants, 10 filles et 1 garçon, Rolande était la 6e.  La joie régnait au foyer car on aimait chanter et s’amuser ensemble et tous les soirs la maman réunissait ses enfants autour d’elle pour la récitation du chapelet et la prière en famille.

 

Cependant, une ombre allait bientôt assombrir son univers : vers l’âge de 8 ans, pour donner un peu de repos à la maman, Rolande et sa sœur Suzanne furent placées dans un orphelinat où sa tante, la sœur de son père, religieuse des Saints Noms de Jésus et de Marie, les accueillit. Après deux ans, heureuse de revenir à la maison elle continua ses études jusqu’à la dixième année commerciale.  Mais, nous dit Rolande : « Avec la crise économique des années 29, les temps étaient très durs et la famille vivait sous le seuil de la pauvreté, j’allais garder des enfants le soir et la petite rémunération reçue était remise à maman pour acheter de quoi manger pour le lendemain. »

 

En 1943 son père, âgé de 59 ans, tomba paralysé à son travail avec aucun espoir de guérison. Alors à grands regrets Rolande quitta ses études pour s’engager comme secrétaire dans un bureau d’assurance afin d’aider sa mère à subvenir aux besoins de la famille. Au travail, elle rencontra des jeunes filles avec qui elle allait prier à l’Oratoire Saint Joseph, aussi, elle passait de longs moments devant Jésus Hostie à la paroisse des Pères du Très Saint Sacrement, c’est là qu’elle sentit l’appel à la vie religieuse. Elle fit une retraite fermée et le Père la dirigea vers les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie. Mère Saint-Novat l’accueillit avec beaucoup de sollicitude, lui parla de notre Institut, et Rolande en fut ravie ! 

 

De jour en jour sa vocation se dessinait mais le problème était de laisser son travail et la petite contribution qu’elle apportait à la maison. « Je me posais la question » dit-elle « Maman me laissera-t-elle partir? Un jour je me décidai. Et à ma grande surprise, avec joie, elle acquiesça à ma demande, le 15 septembre 1947, j’entrais au noviciat à Québec.»

 

Sœur Rolande vécut ses premières années de formation religieuse dans le plus grand des bonheurs. Le jour de sa prise d’habit fut un jour du ciel où elle s’était donnée à Jésus pour toujours. Mais voilà que les ténèbres allaient l’envahir : Elle fut prise de surdité complète et vécut des mois d’angoisse à la pensée qu’on pourrait la renvoyer du couvent, puisque cela l’empêcherait d’aller en mission et réduirait son champ d’action. Mais les prédilections du Seigneur sont insondables. Avec ce handicap elle fut admise à ses vœux perpétuels et 12 ans après sa surdité, en 1961, elle rencontra un spécialiste qui, après une intervention chirurgicale, lui redonna la faculté d’entendre pour le reste de ses jours. Dans l’action de grâce, et avec un regain de ferveur, elle continua d’accomplir avec grande générosité sa mission au Canada.

 

Pendant un certain temps, elle parcourut les rues des villes et des campagnes pour faire connaître nos Annales et vendre des pièces d’artisanat confectionnées par nos sœurs. Elle fut procuratrice dans nos maisons, bibliothécaire, servit nos sœurs malades et travailla en paroisse. Sœur Rolande aura spécialement marqué notre province canadienne dans l’exercice de sa profession de secrétaire provinciale pendant plus de 20 ans. Compétente, elle possédait l’art de l’écriture et de la communication.  Organisée, elle avait le sens du détail ; dévouée et discrète elle fut un soutien et une aide précieuse pour ses supérieures contribuant ainsi à l’animation de notre province canadienne.

 

Elle était attentive pour ses sœurs. Douce, compatissante, elle les aimait et ne manquait jamais de souligner les anniversaires en composant des petits chants pour chacune. Son âme compatissante était surtout attirée par les plus pauvres. Elle visitait une résidence pour personnes à déficience intellectuelle. Elle disait : « Plus que d’autres ces personnes ont besoin d’être écoutées, encouragées, et surtout, aimées sans condition. »

Tout au long de sa vie elle garda une affection particulière pour les membres de sa famille. Elle les accompagnait à tous les tournants de la vie. Pleurant les décès, s’unissant aux épreuves, se réjouissant des exploits de chacun et les présentant à Dieu dans sa prière. Après le décès de Renée elle affectionnait Monique, la seule petite sœur qui lui restait.

Prononcer le nom de Rolande c’est aussi prononcer le nom de Marie tellement était grande sa dévotion à la Mère de Jésus. Chapelet en main, elle égrenait les Aves pour le monde entier. Depuis ses rencontres avec Jésus Hostie dans la chapelle des Pères du Saint Sacrement elle entrait chaque jour dans une plus grande intimité avec Jésus lors de ses adorations. Les psaumes de louange étaient ses préférés à l’heure des Laudes et des Vêpres. 

 

En 2012, elle fut accueillie à Montréal. Avec une santé précaire elle continua à rendre service préparant des liturgies et composant des chants pour les fêtes. Elle était secrétaire pour ses sœurs. En 2017 elle fut admise à l’infirmerie. Elle comprit que le Seigneur lui faisait signe et dans l’attente de son Dieu elle n’avait qu’un désir, aimer de plus en plus avec tendresse et miséricorde. Dans ses derniers jours elle regardait avec amour la photo de Mère Fondatrice et la remerciait pour sa vie dans l’Institut. La parole biblique : « Ne crains pas, je suis avec toi» la couvrait de sa paix ; et la prière écrite dans ses notes spirituelles se réalisa : « Vierge Marie, quand Dieu viendra me chercher, prends moi dans tes bras et conduis moi à ton Fils Jésus. » Rolande venait de vivre sa Pâques. Qu’elle repose dans la paix.

Notre-Dame de la Vie Intérieur,
Priez pour nous.