(Marie Christiane de la Passion)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Montréal, QC

le 18 mai 1930

 

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 15 septembre 1958

Décédée à Montréal, QC

le 11 avril 2019

dans sa 89e année,

la 61e de sa vie religieuse.

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Denyse Delisle est née à Montréal, le 18 mai 1930. Son père Paul Émile Delisle était pilote d’avion et sa mère Annette Poulin veillait sur ses trois jeunes enfants, un garçon et deux filles. Denyse était la 2e. Elle grandit et fit ses études primaires et secondaires avec une spécialité dans le dessin et prit des cours de piano. Un jour elle entendit, à la radio une religieuse invitant les jeunes filles à venir aider à un Centre Missionnaire. N’ayant saisi que les derniers mots, Missionnaire de Marie, elle chercha dans l’annuaire téléphonique, trouva le bon endroit et prit un rendez-vous avec Mère Olaire.

 

Elle fut reçue avec une si belle simplicité que, de retour à la maison elle s’écria : « Maman ! Ça, ce sont de vraies sœurs. » Et en peu de temps la famille s’impliqua dans la mission, sa maman confectionnait des ornements sacerdotaux, et son papa transportait le matériel du couvent à la maison, de la maison au couvent. C’est au cœur de ces rencontres que grandit en Denyse l’appel missionnaire, et elle entra au noviciat de Québec en 1958. Elle avait 28 ans. Sa formation religieuse lui apporta beaucoup de bonheur, malgré tout ce que cela lui a demandé de renoncement, mais ce cheminement la confirma dans sa vocation.

 

Après ses vœux temporaires elle vint à Ottawa faire des études en piano et dessin. Deux ans après elle était prête pour sa future mission. Elle quitta le pays en 1963 pour se rendre, Via Rome, à Alep en Syrie dans une école de 1200 élèves à partir du jardin d’enfants jusqu’au baccalauréat. Elle demeura quatre ans dans cette mission, y prononça ses vœux perpétuels dans la grande et magnifique chapelle d’Alep, enseigna le Français dans les classes de 9e et 12e année, la catéchèse aux plus petits les préparant pour leur première communion, le dessin aux élèves du secondaire et en dehors des classes la peinture à différents groupes.

 

En 1967, lors de la nationalisation des écoles privées, elle dû quitter cette mission pour se rendre dans un village très pauvre. Solidaire avec les gens, manquant de tout, elle vécut courageusement, pendant sept années, dans une extrême pauvreté, apprenant l’arabe parlé au milieu des villageois, donnant des cours de coupe et de couture aux femmes et faisant la catéchèse aux petits enfants. Elle écrit dans ses mémoires : « Ce temps vécu dans un tel dénuement fut pour moi d’un grand apport pour ma vie spirituelle et humaine. Cette expérience m’a amenée à mettre de côté mes talents, ma langue et ramenée à l’essentiel, c’est-à-dire à mettre mes valeurs beaucoup plus dans ce que j’étais, que de ce que je pouvais faire. Je me suis sentie heureuse et émerveillée, car, vous ne pouvez pas vous imaginer ce que ces gens simples, vivant de presque rien, ont pu m’apporter dans leur façon d’être et leur manière de prendre la vie, qui pourtant était si dure. Leur accueil se manifestait même jusqu’à nous apporter chaque matin les pains tout chauds sortant du four. »

 

En 1974, elle vint à Damas pendant deux années, pour suivre des cours d’arabe littéraire, puis elle fut nommée supérieure de la fraternité de Homs. En plus de cette responsabilité, elle se donna aux étudiantes qui réclamaient des cours de piano, et de français comme deuxième langue. Elle organisa chaque semaine des partages d’Évangile dans les familles, et tous les dimanches elle transforma la petite fraternité en lieu de culte pour les chrétiens. Plus tard la fraternité déménagea dans une maison plus grande. Le sous-sol fut réservé pour une chapelle ainsi que des pièces où elle fera la catéchèse et les réunions de jeunes.

 

Pour les 18 années suivantes elle fut nommée successivement Supérieure et directrice du foyer des jeunes universitaires à Damas et à Alep. En majorité musulmanes ces jeunes filles venaient des régions éloignées pour des études spécialisées, et elles bénéficiaient en même temps des cours de musique, de français et de dessin prodigués par S. Denyse. Un jour, au beau milieu d’un cours, une jeune s’arrêta brusquement et dit : « S. Denyse !  Comme vous devez nous aimer pour faire tout cela pour nous. » Reconnaissance Oui !  Mais témoignage aussi d’une personne toute donnée pour la cause de Jésus, ce qui inspira plusieurs générations et fit grandir une multitude de jeunes dans leur développement intégral !

 

Sœur Denyse a été missionnaire 45 ans en Syrie. Dans ses mémoires elle écrit : « Oui, j’ai vraiment aimé ce peuple, ces jeunes filles qui m’ont été confiées, sans oublier toutes mes sœurs avec qui j’ai cheminé. Nous avons beaucoup travaillé, surtout prié ensemble, nous soutenant les unes les autres, jouissant aussi de bons moments de détente à la montagne ! »

 

En 2008, un sérieux accroc de santé obligea S Denyse à entrer au Pays. Malgré la douleur de laisser son pays d’adoption, loin de se replier sur elle-même elle envisagea l’avenir comme une autre grande mission. Elle écrit : « Je fais confiance au Seigneur et lui confie cette nouvelle étape de mon cheminement, la contemplation n’est-elle pas le cœur de notre mission? Et, n’y a-t-il pas des sœurs où que nous soyons ? » Avec cet esprit d’abandon elle entreprit courageusement les traitements pour un cancer, et peu à peu elle connut un temps de rémission.

Elle quitta sa chambre de malade, rejoignit ses sœurs en communauté, et son âme d’artiste réalisa les plus belles œuvres d’art prisées par plusieurs. Dans son atelier elle vécut des jours de paix, écoutant la musique, et donnant libre court à son imagination dans la confection des plus belles cartes pour toutes les occasions. Après tant d’années éloignée des siens elle renoua avec sa sœur cadette une affection tendre, et connut ses neveux et nièces découvrant en eux tant de bonté et de beauté. Le peuple Syrien resta fidèle à leur mère adoptive et ne manqua jamais de la visiter lors de leur visite en Canada.  

 

En 2013 elle dû reprendre sa place à l’infirmerie, sa santé affaiblie lui donna quand même la possibilité de donner libre cours à son imagination artistique dans ses œuvres d’art, puis un jour le Seigneur frappa à sa porte, elle était prête. Choyée par sa sœur bien aimée Aline, ainsi que de toute sa famille, présente à la tendresse de Rahab qui représentait tous les jeunes qu’elle avait aidés, encouragée par les  lettres venues de Syrie, et entourée de l’amour de toutes ses sœurs ainsi que du personnel soignant, Denyse s’endormit dans la paix. Elle venait de vivre sa Pâques. Au Revoir Denyse, Repose dans la Paix.

La paix du soir
Tableau par Denyse Delisle