(Marie de St-Paschase)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Saint-Tite, QC

le 26 novembre 1922

 

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 10 juin 1940

 

Décédée à Montréal

 le 11 octobre 2019

 dans sa 97e année,

la 79e de sa vie religieuse.

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Monique LeBrun est née à Saint-Tite, comté de Laviolette le 26 novembre 1922.  Son père Jean-Baptiste était gérant de banque et sa mère Jeanne Trottier était la reine du foyer au milieu de ses 12 enfants, 7 garçons et 5 filles. Monique était la 5e.  Les parents avaient à cœur l’éducation des enfants, c’est ainsi qu’après les études primaires à l’école du village, Monique voulut suivre sa sœur Marthe au juvénat des Sœurs FMM à Rigaud et compléter son secondaire. Des religieuses franciscaines, de passage dans leur paroisse, avaient jeté en terre les grains d’une semence missionnaire qui, avec les années, fit grandir dans le cœur de Monique une passion pour la mission.

 

Le 10 juin 1940 accompagnée de son père et de sa mère, elle entra au noviciat de la Grande-Allée à Québec. D’une famille profondément chrétienne Monique avait reçu la foi. Durant ses années de formation religieuse, elle développa avec son Dieu une amitié profonde qui fut la force de toute sa vie missionnaire vécue dans la disponibilité selon ses talents et sa personnalité. Le 15 décembre 1945, elle prononça ses vœux perpétuels réalisant en elle l’article 35 de nos constitutions: …nous nous engageons d’une manière spécifique dans l’Église, livrant nos vies en disponibilité totale comme Marie, et puisant notre dynamisme apostolique dans l’Eucharistie.

 

Sœur Monique fut d’abord appelée comme enseignante à son ancienne école au juvénat de Rigaud, puis à Saint-Malo de Québec où elle assuma la direction de l’école. L’épreuve de la maladie vint ralentir son élan missionnaire et l’obligea à réduire ses activités et prendre un peu de repos. Cependant, à son rythme, elle continua à donner ses services comme économe, bibliothécaire et réceptionniste.

 

En 1963, elle fut nommée directrice de l’édition canadienne de nos annales missionnaires, Vents du Large. Ce travail de rédaction répondait à son talent pour l’écriture. Il la mettait en communication avec nos sœurs dans les missions lointaines et faisait renaître en elle le désir intense de vivre une expérience missionnaire dans un pays pauvre. Elle s’inscrivit à un cours intensif de missiologie au Centre d’Études et de Communications Internationales.  Elle  gagna un prix qui était l’opportunité d’aller faire une expérience dans un pays pauvre.

 

Malgré sa santé précaire, en 1970, elle partit à Seim, Papouasie Nouvelle Guinée, en Océanie.  Sa mission était isolée et en pleine brousse.  Elle vécut avec 6 de ses compagnes religieuses, enseignant la 3e et 4e année. En 1971, elle fit un court séjour de repos à l’Ile Fantôme en Australie et un ressourcement missionnaire à travers l’Asie, l’Afrique et l’Europe, s’efforçant de saisir le vécu des peuples et les témoignages émouvants de nos sœurs.  Cette expérience s’avéra précieuse et bénéfique à tout point de vue, et la prépara à répondre à la grande mission qui l’attendait au Canada: l’Animation missionnaire et la fondation d’un Centre missionnaire.

 

En 1973, l’Église canadienne proposa aux congrégations missionnaires un tout nouveau service les invitant à assurer une pastorale dominicale en paroisse ainsi qu’un projet d’évangélisation dans les écoles.  Sœur Monique était prête.  Elle mit tout en œuvre pour répondre à cet appel. C’était pour elle un honneur d’être appelée à cet humble collaboration et au partage de la Parole de Dieu, appuyée du témoignage d’un vécu auprès de nos frères et sœurs du monde.

 

 En 1976, Sœur Monique commença bien humblement le Centre missionnaire. Il devint une grande œuvre dans notre province canadienne : Un organisme d’aide pour le financement des projets venant du tiers-monde, et un accueil sans pareil pour nos missionnaires en visite au pays. Au centre de ses occupations, Sœur Monique fut toujours présente et reconnaissante à tous ces bienfaiteurs, qui par leurs contributions, ont soutenu des œuvres dans les pays en voie de développement.

 

En 2003, Monique a 81 ans et 30 années de don total au service de la mission au Canada. Elle sentit alors le besoin d’un peu de calme et d’un repos bien mérité.  Simplement elle continua de servir, se rendant toujours disponible pour aider à la réception, au secrétariat ou à l’artisanat. Puis, un jour à Montréal dans un regain de force, sa passion pour la mission la fit revivre.  Elle s’engagea bénévolement pour assister les immigrants nouvellement arrivés au pays. Ces personnes ayant besoin d’un suivi personnel, son cœur missionnaire se fit tout attentif pour répondre au besoin de chacun dans l’étude de la langue française.

En 2016, expérimentant de grandes souffrances physiques, Sœur Monique dut être admise à l’infirmerie. Elle accueillit ce déplacement dans la foi remerciant Dieu pour sa vie vécue dans l’amour et l’abandon.  Elle écrit: Chacune de mes obédiences m’a énormément apporté, partout j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même. Maintenant, à mon âge, j’attends le Seigneur dans la paix, la joie et dans l’abandon. 

 

Sœur Monique vécut des jours de paix à l’infirmerie malgré les souffrances quotidiennes. Elle était soutenue par l’affection de ses compagnes religieuses, et par la présence aimante de ses frères et sœurs, qui régulièrement, venaient la visiter. Quelle n’était pas sa joie quand son frère Noël célébrait la messe dans sa chambre, moment d’intimité avec le Seigneur qu’elle n’oublia jamais.

Quelques jours avant de mourir, dans un dialogue avec son médecin, elle comprit que le Seigneur était proche.  Elle se prépara dans la paix au grand départ. Vendredi le 11 octobre 2019 à l’heure de l’Angelus, elle termina son pèlerinage sur la terre. Sœur Monique, merci pour ta présence au milieu de nous. Va dans la paix du Seigneur.

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