(Marie Marguerite-Assunta)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Trois-Rivières, QC

le 20 avril 1929

 

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 15 septembre 1949

 

Décédée à Montréal

 le 17 août 2019

 dans sa 91e année,

la 70e de sa vie religieuse.

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Marie Françoise est née le 20 avril 1929 à Trois-Rivières, QC. Son père Joseph de Serres était propriétaire d’une grande ferme et sa mère Marie Croisetière était l’heureuse mère d’une famille de 14 enfants. Marie Françoise était la 13e et grandit dans une campagne paisible, en bordure du Lac St-Pierre et de la petite rivière de Maskinongé. Ses parents étaient foncièrement chrétiens et lui apprirent l’amour de Dieu, l’amour de la terre et la joie du don dans l’entreprise familiale qui consistait en de longues et patientes préparations des produits de la ferme destinés au commerce en détail.

 

Jeune adolescente, de nature contemplative, Marie Françoise aimait prendre de longues marches sur la croûte l’hiver, circuler dans les sentiers de la forêt l’été ou se laisser glisser en chaloupe sur l’eau.  Seule, elle parlait avec son Dieu, prélude de son appel à une vie intime avec son Seigneur. Un jour elle entendit parler d’une congrégation religieuse au Ghana qui répondait à ses aspirations: Missionnaire, adoratrice, franciscaine, mariale, tout ce que son cœur désirait. Elle était prête à se rendre au Ghana pour réaliser son rêve quand, avant de terminer ses études, deux FMM vinrent à son école pour parler de leur mission. Marie Françoise reconnut que c’était bien le même Institut. Après un temps d’études à l’École normale des Filles de Jésus, au Cap de la Madeleine, elle fit son entrée à Québec chez les FMM, le 15 septembre 1949. Elle avait 20 ans. Avec ardeur et ferveur elle commença sa formation religieuse, mais une grande épreuve devait l’assaillir: la perte de la vue! Par un miracle dû à l’intercession de Notre-Dame du Cap et de Sœur Maria Assunta, elle fut guérie.

 

Après ses vœux temporaires le 19 mars 1953, elle enseigna à notre école primaire de St-Malo de Québec, et plus tard, elle fut éducatrice à notre garderie Saint-Enfant-Jésus à Montréal. Délicate et réservée elle fit, pendant quelques années, l’accueil à notre Maison de retraites fermées à Ottawa, puis devint assistante supérieure à Winnipeg.  En 1968 qu’elle ne fut pas sa joie de réaliser son rêve missionnaire en recevant son obédience pour le Chili.

 

À Curimon, Chili, elle étudia l’espagnol, puis devint professeur au collège de Joaquin et de San Vicente de Tagua Tagua. Son expérience missionnaire dura 6 ans avec une année passée au Mexique comme interprète français/ espagnol dans une clinique.  Dans la pensée de Dieu, ce séjour au Chili l’avait préparée pour une grande mission au Canada: celle de participer à la création d’une communauté ecclésiale latino-américaine à Toronto, parmi les immigrants et réfugiés hispanophones. A l’annonce de ce projet elle écrit : Je m’efforçai de me rendre la plus accueillante possible cette terre d’accueil qu’ils cherchent.  Je les aiderai à prendre racine. 

 

Préparée académiquement pour ce travail, en collaboration avec les membres de l’Église, elle aida à jeter les bases de la nouvelle communauté réunie autour de Jésus. Son rôle était de faire naître la communauté fraternelle en solidarité chrétienne, capable de dépasser les opinions divergentes issues de leurs pays respectifs et de les aider à grandir autour du Seigneur, Parole et Pain et en témoigner dans leur milieu de vie. Un des ministères, qu’elle tenait à cœur c’était celui de la formation des parents.  En accord avec l’enseignement donné à leurs enfants, elle se penchait sur les problèmes qu’ils portaient en eux-mêmes comme néo-canadiens, qui ont à s’insérer dans une société si différente de la leur. Sœur Marie Françoise écrit: Ce furent les activités les plus gratifiantes de ma vie missionnaire. Avec eux, j’ai grandi et je me suis rapprochée de Dieu au point d’être confuse devant tant d’attention divine. 

 

Par la suite, Sœur Marie Françoise continua, à son rythme, son travail à la maison d’accueil et de transition pour réfugiés et immigrants à Montréal sur la rue Querbes. Elle fut supérieure à Fort Coulonge, et accompagna des groupes en Amérique latine comme traductrice. 

 

En 1987, elle eut la grande consolation de faire un renouveau spirituel : la session d’Emmaüs à Grottaferrata, un pèlerinage à Rome sur les traces de Bienheureuse Marie de la Passion et à sa grande surprise un pèlerinage de deux semaines en Terre Sainte qui combla toutes ses espérances.  De retour au pays, sa santé diminuant, elle rendit de petits services dans nos maisons de la province canadienne. En 2011, Marie Françoise subit un accident vasculaire cérébral et fut admise à l’hôpital Montfort à Ottawa. Elle fut transférée à notre Infirmerie provinciale à Montréal. 

 

Malgré tous les soins thérapeutiques, Marie Françoise aura besoin d’assistance pour le reste de sa vie. Dans le vécu de cette épreuve elle gardera sa douceur, son écoute, son sourire, sa simplicité, son empathie et son goût pour la prière. Son cœur était toujours en fête. Elle était la première à chanter tous les refrains qu’elle savait par cœur. Jamais une plainte ne sortait de sa bouche. Une sœur qui la faisait manger disait: J’ai l’impression de m’approcher d’un ange. Il en fut ainsi jusqu’à ce que le Seigneur la prenne avec Lui.

 

La mémoire de Sœur Marie Françoise reste à jamais gravée dans notre cœur. Fille de Marie de la Passion, elle avait pour son Institut une fierté d’appartenance et un sentiment d’admiration. Pour sa mission elle avait un cœur compatissant qui ne compta jamais sa peine pour l’accueil de ses frères et sœurs: les immigrants et les réfugiés.

 

Dans les derniers jours, elle cessa tout simplement de manger, c’était l’heure de Dieu. Elle s’éteint tout doucement entourée de ses sœurs et de sa nièce Jacqueline d’Argy, fmm. Merci Marie Françoise pour le témoignage de ta vie au milieu de nous. Repose dans la paix.

Que tout disparaisse

y compris moi-même

pour que Dieu apparaisse.

Marie de la Passion