(Marie Elisa de Jésus)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Saint-Félix de Kingsey, QC

le 28 septembre 1925

 

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 14 septembre 1945

 

Décédée à Montréal

 le 23 juin 2019

 dans sa 94e année,

la 74e de sa vie religieuse.

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Rita est née à St-Félix de Kingsey, Québec, le 28 septembre 1925. Son père, Donat Lebel, était propriétaire d’une grande ferme et sa mère, Joséphine Cormier, veillait à l’éducation des enfants. Elle était musicienne et surtout les soirs d’hiver elle accompagnait au piano ses enfants qui aimaient chanter ensemble. Rita était la onzième d’une famille de 12 enfants, dix frères et une sœur aînée qui mourut à l’âge de 11 ans. Elle fit ses études primaires à l’école du village, et plus tard fréquenta l’École Normale de Nicolet, chez les Sœurs de l’Assomption, où elle obtint un brevet d’enseignement et devint institutrice dans sa paroisse natale pendant deux ans.

 

Ses parents donnèrent toujours l’exemple d’une foi vraiment chrétienne. Le Seigneur avait déjà choisi deux de ses frères pour être à son service: Elphège, prêtre et Camille, Frère du Sacré-Cœur de Granby, quand Rita entendit l’appel du Seigneur: Viens, tu comptes pour moi, tu as du prix à mes yeux et je t’aime. Ce refrain d’Isaïe, dit-elle, Je l’ai toujours eu sur les lèvres et dans le cœur, aspirant au don total dans la vie religieuse. Elle voulut faire un choix éclairé et chercha donc une communauté. Parmi les dépliants que lui procura un prêtre de la paroisse, elle fut attirée par celui des FMM avec ses aspects Mission et Adoration. Cependant, dit-elle, Mon grand souci était de faire part de mon intention à mes parents. Émue, après un bien court cheminement avec eux, parce que leur foi était grande, ils me laissèrent partir malgré leur immense peine. Je comprenais la douleur que leur causait mon départ, mais j’étais heureuse de consacrer l’ardeur de mes 20 ans à Dieu.

 

Le 14 septembre 1945, elle entrait au noviciat de Québec pour commencer sa formation religieuse. Ce fut pour elle un temps de bonheur, qui répondait à sa soif de Dieu, où elle s’imprégna de l’Esprit de l’Institut pour le vivre dans les missions qu’on lui confia. Après ses premiers vœux en 1948, elle fut désignée pour enseigner à notre École Primaire de St-Malo avec les enfants les plus pauvres de la basse ville de Québec. Elle y demeura dix ans. Ses classes étaient très animées et les élèves apprenaient leur ABC en chantant.

 

En 1958, elle reçut son obédience pour Madagascar. Elle passa d’abord quelques mois à Rome, puis s’embarqua pour Ambohidratrimo où elle fut maîtresse des postulantes, enseigna le français au secondaire, et fit la garde de 110 pensionnaires. Elle passa 10 ans dans ce pays merveilleux, apprit la langue du peuple, et chantait ses hymnes en toutes circonstances. Elle écrit: Je n’aurais jamais pensé que le détachement de tout ce que j’aimais et que je faisais au Canada allait me procurer tant de bonheur en mission. Mes relations sont toujours bonnes avec mes élèves et mes sœurs malgaches. Aussi je leur donnais de la joie en parlant leur langue.

 

En 1969 Sœur Rita rentra au pays pour sa visite en famille et une année de repos, pendant laquelle elle prit quelques cours de psychologie, au Centre St-Pierre à Montréal. À sa grande surprise, sa mission sera dorénavant au Canada. Dès 1970 elle fut nommée successivement supérieure dans l’Ouest Canadien à St-Laurent du Manitoba, animatrice de pastorale dans la petite mission francophone de Georgetown en Ontario, et secrétaire à la paroisse de Gatineau, Québec. En 1986, après 15 années de dévouement, elle accueillit avec joie un temps de ressourcement. Elle fit l’année Relais au Cap-de-la-Madeleine.

 

Pleine d’enthousiasme, prête à donner ce qu’elle avait reçu, elle partit pour Fort-Coulonge dans le Pontiac, région pauvre avec une population de 1,600 habitants. Elle y exerça un apostolat concret: secrétaire à la paroisse, directrice de la chorale, des cursillistes et pastorale auprès des personnes âgées du Manoir Sacré-Cœur.  Cinq années de pleine activité puis un appel à tout quitter.

 

Elle est nommée supérieure de la fraternité au Chemin Gomin, Québec. À l’annonce de cette nouvelle mission, elle écrit: Une vraie bombe! Plus d’une fois j’ai eu à redire mon Ecce. En vraie fille de Marie de la Passion, j’ai dit oui, gardant ma sérénité et continuant d’être un rayon de soleil pour celles qui m’entouraient. En vérité nous pouvons le dire, Rita fut toujours toute accueil et compréhension pour ses sœurs. Sa bonne humeur et son chant mettaient de la joie dans toutes nos fraternités.

 

Puis elle vint demeurer à Montréal. Sacristine, elle garda immaculée la maison du Seigneur, prépara avec un soin particulier l’autel pour sa venue; réceptionniste, elle accueillit avec dignité les personnes qui ont frappé à notre porte; directrice de chant, elle mit de la joie dans nos célébrations liturgiques. En 2014 ses forces diminuant elle fut admise à l’infirmerie.

 

Rita garda toujours sa personnalité franche et enjouée. Dernière survivante de sa famille, ayant vécu le deuil de tous ses frères, elle avait noué avec ses neveux et nièces une amitié qui lui réchauffait le cœur. Elle était fière de Robert avec qui elle aimait chanter ses hymnes. Dans ses notes personnelles elle écrit: Ô que j’aime chanter avec Robert, Avec ta vie de chaque jour dans un peuple en marche, sème autour de toi l’amour que le monde sache que Dieu est vivant.  

 

À l’infirmerie, elle fut un rayon de soleil rendant de petits services à ses voisines de chambre. Avec ferveur elle suivait les offices religieux à la TV, elle aimait colorier avec art ses cahiers, méditant la parole correspondant au dessin. Elle circulait tout au long des couloirs, se rendant même à la grande chapelle pour une visite à Jésus.

 

Dans les derniers mois, des troubles de circulation sanguine lui causant une plaie à la cheville, la rendaient plus vulnérable et petit à petit s’affaiblissant, elle diminua ses activités, et cessa de se nourrir.  C’était le présage de l’approche du Seigneur. Lucide jusqu’au dernier jour, chantant même Rien jamais ne nous séparera de l’amour, elle tomba dès le lendemain dans un coma. Elle était prête pour les noces de l’Agneau. Paisible, elle s’endormit dans le Seigneur au soir de la Fête-Dieu, entourée de sa nièce, Marie-Paule, et de ses sœurs qu’elle aimait. Ce départ en ce jour de la Fête-Dieu, fut très impressionnant. Il clôturait la vie d’une missionnaire adoratrice, le charisme vécu dans un grand amour. Rita, sœur Bien Aimée, va, repose dans la paix.

Notre-Dame de Madagascar,
Priez pour nous.