(Marie de Saint-Athalène)

Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Saint-Eustache, Manitoba

le 2 mars 1920

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 10 juin 1939

 

Décédée à Montréal

 le 22 novembre 2017

 dans sa 98e année,

la 79e de sa vie religieuse

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Ida est née à Saint-Eustache, Manitoba, le 2 mars 1920, d’Amédée Beaudin et de Clarinda Desjardins. Elle était la quatrième d’une famille de huit enfants. Son père possédait une ferme et était un homme de renoncement et de piété. Sa mère était la bonté même et tous les pauvres de la paroisse trouvaient chez elle un cœur généreux et compatissant. Pour Clarinda la charité n’appauvrissait jamais. «Dieu nous a visiblement bénis en accomplissant la promesse qu’il avait faite lui-même : « Donnez et l’on vous donnera. »

 

La vocation religieuse d’Ida s’est éveillée au cours de la visite des FMM qui ramassaient des fonds pour leurs missions. Soeur Ida avait été toute attentive à ce qu’elles avaient dit, et témoigna son désir de devenir missionnaire. Elle n’avait que 15 ans. Sa vocation parut d’abord insensée aux yeux de ses proches.  Avait-elle bien réfléchi ? Prié ? Demandé conseil ? Partir si loin... peut-être pour toujours ?  Les parents examinèrent encore la question de la vocation de leur fille et lui ouvrirent enfin la voie : « Va, nous avons toujours su que tu allais nous quitter. » Le père et la mère l’embrassèrent. Tous les deux surent mettre dans leur cœur le bonheur de celle qu’ils aimaient à la place de celle qui leur a manqué.

Ida quitta sa famille. Sa plus jeune sœur Lucille n’avait que 9 mois. Ida fit deux ans au juvénat de Rigaud, deux ans au noviciat à Québec et après sa profession perpétuelle en 1945, elle partit pour sa première mission aux États-Unis. Elle y demeura 28 ans. Elle obtint un baccalauréat en éducation et une maîtrise en counselling. Nos communautés de Boston, New-York, Providence et de Woonsocket bénéficieront de ses talents d’artiste et d’enseignante.

 

En 1973, nous la retrouvons au Canada, en permission d’absence de communauté, auprès de sa mère qui souffre d’un cancer et de son vieux père qui a besoin d’assistance. Elle reviendra en communauté en 1983 après le décès de ses deux parents.

 

En 1985, après une année sabbatique en Israël, elle sera pendant 10 années la directrice du Centre Pastoral Latour pour les autochtones, œuvre du diocèse. Elle animera des sessions de prière, s’impliquera dans le ministère de guérison, visitera les familles dans les réserves, et veillera au bien-être de ceux et celles qui les quitteront pour venir habiter à la ville.  Le climat familial, l’attention donnée aux pauvres,  l’avaient préparée pour une telle mission, qu’elle accomplit avec tant d’amour, de patience, de douceur et de compréhension.

 

En 1996 la communauté de Winnipeg accueille Ida. À 77 ans elle est encore vaillante. Possédant son permis de conduire, elle aide à l’intégration des nouvelles sœurs qui arrivent dans cette mission : elle les accompagne pour la mise en ordre de leurs papiers, les introduit dans les écoles ou collèges pour études, leur ouvre des avenues pour un travail missionnaire. Elle devient professeur d’anglais pour les immigrants, traductrice pour les langues du français et de l’anglais, accompagnatrice spirituelle pour les patients du Centre Taché. Mais surtout elle demeure toujours la sœur positive, libre, aimante, qui apporte un rayon de soleil dans sa communauté et dans sa mission.

 

Puis, l’heure de la vraie retraite sonnera. Le 22 avril 2014 manifestant plus de fatigue, avec hésitation mais aussi avec confiance elle acceptera de venir à l’infirmerie de Montréal. Les premiers jours sont difficiles, mais vite elle rencontrera des compagnes avec qui elle a déjà partagé la vie communautaire et se retrouvera bien chez elle dans sa petite chambre ensoleillée et entourée de quelques objets personnels.

Ceux et celles qui la visitent remarquent la sérénité de cette personne, abandonnée dans les mains de Dieu. Elle regarde l’écran de sa télévision où apparaît l’ostensoir de la chapelle et elle est recueillie. Elle aime à lire le journal comme son papa le faisait avec elle autrefois, elle répète les mots de sa maman à qui veut l’entendre : « La vie est belle. La vie vaut la peine d’être vécue ! » Elle communique par téléphone avec sa sœur Lucille et reçoit la visite de son petit neveu tout juste ordonné prêtre. C’est sa joie, son bonheur. 

 

Puis un jour, après un grand malaise, Sœur Ida a dû être hospitalisée. Le diagnostic est inquiétant et elle se sent faiblir. Elle ne désire pas de soins agressifs. A l’hôpital, lors d’une visite de son petit neveu, prêtre, elle a reçu le sacrement des malades. Fortifiée par cette onction elle n’a qu’un désir celui de revenir à la maison et de se préparer, au milieu de ses sœurs, à la rencontre de Celui que son cœur aime.

 

Toujours aussi abandonnée, Sœur Ida a vécu ses derniers jours dans la paix, exprimant sa reconnaissance à tout le personnel de l’infirmerie, et demandant que nos sœurs écrivent un mot de remerciement au personnel de l’hôpital. L’accompagnement de ses sœurs jusqu'à la fin lui était un réconfort. Lucide, elle remerciait pour la visite de chacune….et chacune la quittait avec un profond sentiment de paix à l’approche de ce grand mystère qu’est la mort.

 

Merci, Ida, pour le témoignage de ta vie, pour ta présence harmonieuse en communauté, pour ton esprit d’ouverture, pour la paix que tu as su rayonner autour de toi.

 

 

Pouvoir

encore regarder

Pouvoir

encore écouter

Et surtout

pouvoir chanter
 

Que c'est beau,

c'est beau la vie.
 

Pouvoir

encore te parler

Te le dire

et le chanter
 

Oui, c'est beau,

c'est beau la vie.
Jean Ferrat