(Marie des Évangélistes)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Coaticook, Québec

le 19 janvier 1923.

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 11 juin 1941.

 

Décédée à Montréal

 le 30 septembre 2017

 dans sa 95e année,

la 77e de sa vie religieuse.

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Soeur Béatrice avec humour et poésie décrit elle-même son entrée dans le monde : « La perle des Cantons de l’Est me vit naître, » dit-elle, « le 19 janvier 1923, en ce chaud et chrétien foyer qu’était celui de M. et Mme Louis Lestage, comptant déjà 4 enfants. Le second jour, l’eau baptismale coula sur mon front et je fus nommée : Marie Lucienne Béatrice. »

 

Son papa, Louis, et sa maman, Alice Couture, ne manquèrent pas d’entourer d’amour cet enfant qui demeura leur cadette jusqu’à l’âge de 6 ans car les trois petits qui naquirent après Béatrice partirent très tôt pour le ciel. Mais dans les années qui suivirent trois nouveaux poupons vinrent augmenter le cercle familial et Béatrice très vite prit conscience de son rôle de grande sœur et s’acquittait avec bonne grâce et dignité de ses obligations envers les « Trois Petits » comme ils furent longtemps nommés !

 

Béatrice fit ses études primaires à l’école Saint-Jean-l’Évangéliste à Coaticook, puis ayant terminé sa sixième année, il fut décidé qu’elle pourrait continuer ses études au « Grand Couvent » et ce grand couvent ne fut autre que le juvénat des FMM à Rigaud. En juin 1941 quand elle le quittera pour entrer au couvent elle écrira : « O chère Roseraie ! Tu as vu mes efforts, mes luttes secrètes et mes pas hésitants ! Je puis affirmer qu’une part de mon âme est restée en ces lieux où ma calme jeunesse a chanté son cantique. »

Sa formation religieuse au noviciat de Québec s’écoula calmement, confirmant dans la profondeur de son être son appartenance à Jésus pour toujours.

 

Les années passées au Juvénat avaient grandement préparé le terrain. Si bien que pendant sa deuxième année de profession temporaire elle fut désignée pour faire son cours d’infirmière à l’Hôtel-Dieu de Québec au terme duquel elle reçut son obédience pour la mission en Chine. Ses parents, frères et sœurs avaient toujours été présents aux différentes étapes de sa vie et en ce soir du 12 octobre 1947 ils étaient tous réunis dans la chapelle de la Grande Allée pour vivre l’émouvante cérémonie du départ missionnaire présidée par deux évêques : Mgr Durand et Mgr Leblanc ofm. Son amie d’enfance, Thérèse Dionne, était du nombre des missionnaires partantes. Fidèles amies d’enfance, la vie religieuse les avait réunies, l’appel missionnaire allait les séparer. Thérèse partait pour le Japon, elle pour la Chine !

 

Dans ses mémoires Béatrice écrit : « Au départ, ce jour-là, à la gare centrale de Montréal nul ne pouvait deviner ce que mon cœur éprouvait lorsque, pour la dernière fois, j’embrassai maman, Henri et oncle Aimé. » Mais l’amour fort de son Dieu l’appelait et elle posa avec générosité les premiers pas qui la conduisirent dans ce grand monde inconnu qu’est la Chine.

 

Pendant trois semaines, le bateau « Marine Adder » vogue entre deux immensités d’azur : Le Pacifique et le ciel bleu ! Elle arrivera enfin à Hankow, terme de son voyage, où elle sera infirmière à l’Hôpital International réalisant son plus grand rêve missionnaire. Mais avant de se lancer dans les œuvres, c’est l’étude du chinois avec ses dix milles caractères. Elle apprendra à se familiariser avec les plus usités, et pendant trois années elle vivra heureuse à soigner les Chinois malades toujours confiants et reconnaissants.

 

Malheureusement la menace communiste gronde dans ce pays et très vite les « Rouges » pénètrent à Hankow.  Les étrangers soupçonnés sont convoqués au bureau des affaires étrangères pour être interrogés. Soeur. Béatrice subira cette épreuve mais en sortira « sans péché » dans le langage communiste. Cependant, la situation s’aggravant, les religieuses durent quitter l’hôpital et fuir dans un autre pays. Béatrice continuera sa mission d’infirmière à l’Hôpital Général de Colombo, Ceylan. Dans ce méga hôpital une centaine de nos sœurs travaillaient.  Elle y vécut 12 années jusqu’au jour où le gouvernement libre de Sri Lanka décréta que les infirmières religieuses devaient quitter tout service hospitalier en mars 1964.

 

De nouveaux cieux accueilleront les missionnaires. Béatrice se dirigera vers Macao, presque la Chine retrouvée, pour y soigner les réfugiés, et le 19 août 1971 elle reviendra au Pays pour un retour définitif. 

                                                                                                                                           À 48 ans un vaste horizon s’ouvre devant elle. Très compétente dans sa profession, douée d’une nature généreuse, elle donnera ses services dans nos infirmeries de Québec, Sainte-Anne-de-Beaupré et Montréal. En 1992 sa santé l’obligea à laisser sa profession d’infirmière mais, comme une petite abeille, elle ne cessa jamais de servir et s’adonna à confectionner toutes sortes de tricots pour les pauvres.

 

Dans les dernières années de sa vie, Béatrice, femme de foi, a su vivre les grandes épreuves de surdité et de cécité avec un courage sans pareil. Missionnaire jusqu’au bout elle resta en contact avec le monde extérieur pour en saisir tous les événements et les porter dans sa prière.  Elle aimait son Institut et se faisait lire tout ce qui contribuait à son animation et sa transformation, mais sa passion était sa relation à Dieu. Elle méditait la Parole de Dieu et goûtait les écrits des auteurs spirituels que ses sœurs prenaient la peine de lui partager.

 

Incapable de communiquer comme elle aurait voulu le faire, elle souffrait dans son âme. Infirmière accomplie, une inquiétude l’habitait toujours au sujet de sa santé, mais le Seigneur de tendresse connaissait bien sa bien-aimée, c’est pour cela qu’il vint la chercher très vite, après un court séjour à l’hôpital. 

Je n’ai plus peur,

je me suis

laissée regarder

par le Christ.

Sœur Béatrice

aux derniers moments