(Mary Mildred Eileen)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Floriana, Malte

le 23 août 1929

Entrée dans l’Institut à Balzan, Malte

 le 15 mars 1948

 

Décédée à Montréal

 le 4 avril 2018

 dans sa 89e année,

la 71e de sa vie religieuse

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Concetta est née à Floriana, Malte, le 23 août 1929. Elle était l’aînée d’une famille de 5 enfants, trois frères et une sœur.  Son père, Richard, était un homme d’affaire et sa mère, Antonia Aquelina, restait au foyer, une présence aimante avec les enfants.

 

À l’âge de 9 ans, Concetta vécut les horreurs de la Deuxième Guerre Mondiale avec tout ce que cela comporte de peur, de faim, de soif, de destruction et la vue de tous les morts dans la ville. Sans école, sans maison, les jeunes se rassemblaient dans des abris et se demandaient où est Dieu dans tout cela ? Mais petit à petit, partageant leurs doutes, écoutant les sages, la foi revivait dans leur cœur. « Cette expérience de 5 ans de guerre m’a enseigné l’endurance et la compassion » dit-elle, « et m’a appris à m’ajuster à toutes les situations.»

 

Le jour de la victoire fut accueilli avec joie. Elle était alors au secondaire et fréquentait l’École St Louis, la seule demeurée après la guerre et où on y apprenait en même temps le français et l’italien. Un jour elle fut désignée présidente de la ligue missionnaire et connut les exploits des missionnaires de Malte dans plusieurs pays. Cette responsabilité réveilla en elle un attrait pour les missions, puis, dit-elle, « Cette attraction, je l’ai considérée comme un appel à la vie religieuse, je laissai tout et demandai mon admission chez les Franciscaines Missionnaires de Marie à Malte. »  C’était en septembre 1948.

 

Elle commença sa formation religieuse à Malte, la continua au noviciat international de Grottaferrata près de Rome, Italie, et y fit ses premiers vœux.  Un mois après, elle reçut son obédience pour la République de Sri Lanka et y passa 33 ans.  Expérience enrichissante où elle baigna dans les cultures bouddhiste, hindou, musulmane et apprit la langue tamil, singhalaise et arabe. 

 

À Colombo, comme à Batticola, elle travailla pour la promotion de la femme. Directrice d’écoles industrielles, elle forma des centaines de jeunes femmes et de veuves, dans l’art de la broderie, de la peinture à l’aiguille, dans la confection d’ornements sacerdotaux et autres métiers, afin de leur donner une certaine indépendance. Elle les introduisait dans les lieux où se trouvaient les touristes afin qu’elles puissent  vendre leurs objets d’art et contribuer ainsi au soutien de leur famille, et pour les jeunes, apprendre un métier pour préparer leur avenir.  En pastorale, elle accompagna, dans un hôpital, des patients, victimes de violence, des lépreux en réhabilitation et travailla dans des camps de réfugiés.

 

Dans les années 80, le problème racial de Sri Lanka était devenu un obstacle pour les missionnaires étrangers. Alors une autre mission s’ouvrit devant Concetta, celle de venir au Canada et de réaliser un jour son rêve d’accompagner les mourants.  En 1984 elle fut acceptée comme étudiante au Collège Regis, à Toronto, et en 1994 elle obtint une maîtrise en théologie et fut certifiée comme aumônier dans les hôpitaux.  

Ce parcours fut accompagné d’expériences inouïes dans différents hôpitaux et établissements pour des personnes de différentes religions, personnes âgées, mentalement malades et spécialement pour ceux et celles en fin de vie. La richesse de son passé, l’avantage de comprendre et de parler plusieurs langues, et son empathie naturelle la rendait capable d’entrer en relation dans un monde multiculturel et d’apporter la sécurité, la paix à tous les bénéficiaires de sa bonté, surtout les pauvres.

 

Elle avait travaillé 22 ans dans cette mission, appréciée et aimée de tous quand sa santé commença à faiblir. Infatigable, elle continua de rendre de petits services dans nos couvents de la région d’Ottawa, mais les signes de la maladie d’Alzheimer, devenant de plus en plus visibles, en décembre 2010 elle fut admise à notre infirmerie provinciale à Montréal.

 

Face à une telle maladie, que s’est-il passé à l’intérieur de son âme ? Mystère ! Nous ne le savons pas ; mais nous pouvons avoir une idée de la profondeur de cette femme quand elle écrit : « Dieu est mon Créateur, il m’a toujours guidée dans les choix qui m’ont demandé un engagement.  Devant l’angoisse et le risque, le confortable et le plaisant, Il a toujours été là. Pour le futur, avec son aide et la compagnie de Jésus, je devrai continuer à broder la tapisserie de ma vie le mieux que je peux et avec joie. »

 

C’est dans cet abandon que nous avons connu Concetta à l’infirmerie. De jour en jour la maladie fit son chemin, mais elle n’a jamais manqué de nous sourire. Elle nous regardait avec des grands yeux, mais impossible de deviner ce qu’elle voulait nous dire.  Nous croyons que dans cette expression elle disait merci à toutes celles qui la soignaient, la faisaient manger et s’occupaient de tous ses besoins. 

 

Au téléphone elle écoutait la voix de ses frères et de sa sœur avec un sourire et en faisant des signes avec sa tête. Jusqu’à la fin de sa vie elle montra de la joie devant la présence de sa nièce Ivy qui, régulièrement, venait la visiter.

 

Elle nous laisse le souvenir d’une femme universelle qui dans son dévouement et dans son amour pour les pauvres, a touché la vie d’une multitude de personnes de toutes nationalités et de religions.  Concetta, merci pour ta présence au milieu de nous.

Avec son aide

et la compagnie

de Jésus,

je devrai continuer

à broder la tapisserie

de ma vie

 le mieux que je peux

et avec joie. 

Une des broderies de Concetta.