(Marie Noëlline)

Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Québec, Québec

le 4 août 1923

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 19 mars 1944

 

Décédée à Montréal

 le 29 novembre 2017

 dans sa 95e année,

la 77e de sa vie religieuse

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Georgette Blanchet est née le 4 août 1923, à Saint-François-d’Assise, Québec, de François Blanchet et de Marie-Louise Ouellet.  C’est avec joie que les parents accueillaient dans leur foyer un quatrième enfant : une fille, Georgette, venue après 3 garçons : Robert, Jean et Gérard. Jean ne vivra que quelques mois. Fille unique, benjamine de la famille, Georgette eut une enfance heureuse et sera choyée de tous. À sept ans elle fit sa première communion et déclara à Jésus pour la première fois son désir de devenir religieuse.

 

A 17 ans, lorsqu’elle demanda à son père la permission d’entrer en communauté, la réponse fut véhémente et catégorique. Laisser partir sa fille unique était impossible ! Cependant, l’insistance de Georgette provoque une question : « Mais, où donc veux-tu entrer ? » «Chez les Franciscaines Missionnaires de Marie », de lui répondre Georgette. Alors consterné, son père lui répondit : « Ma fille, je ne puis m’opposer. Je leur dois ma vie. »

 

Oui, en 1918 son père avait été blessé par un éclat d’obus à Boulogne-sur-Mer en France. Une fois son convoi militaire arrivé à Québec, les soldats affaiblis par leurs blessures et contaminés par la grippe espagnole avaient été soignés par les sœurs FMM qui, défiant la contagion et au prix de grandes fatigues, n’avaient rien épargné pour leur sauver la vie.   Son père en avait gardé un souvenir ému et reconnaissant. Il se rappelait de Sœur Marcie qui l’avait si bien entouré alors qu’il était aux prises avec une terrible fièvre.

 

Entrée en septembre 1941, elle quittait Québec dès sa Première Profession, pour un bref séjour à Montréal, puis pour 9 années d’enseignement à Saint-Laurent du Manitoba où elle fit sa Profession Perpétuelle dans l’église paroissiale en mars 1947, entourée de 40 petits élèves de 6 à 8 ans.

 

En 1959 elle reçut son obédience pour une nouvelle mission. Cette fois elle ira en Syrie à Alep, la « perle du désert ». Elle y demeura 8 ans.  Elle sera maîtresse dans les classes de 6e et 8e années et y découvrira le monde oriental avec son mystère et ses beautés, ses difficultés de tolérance religieuse entre chrétiens et musulmans, la cohabitation entre Arabes et Européens et l’usage des langues diversifiées.

 

En 1967 c’est l’appel vers la Suisse et ensuite la France où elle obtint une Licence d’Enseignement Religieux aux Facultés Catholiques de Lyon.   Plus tard elle fonde une première fraternité au service des bateliers de la Saône, une maison de retraite à Mane, puis en 1985, coup de tonnerre ! L’évêque de Digne lui confie la charge spirituelle et sociale de 4 paroisses sans prêtre. Elle sera, pendant 13 ans, « curé de paroisses » aidée de ses trois compagnes.

 

Se succéderont tous les engagements qui reviennent à l’animation pastorale : catéchèse, formation des catéchètes, préparation au baptême, au mariage, accompagnement des familles, enseignement biblique avec un auditoire œcuménique qui a toujours été d’une grande richesse. La vie à Saint-Michel- l’Observatoire aura été trépidante, on y sentait battre le cœur de l’Église. 

 

Georgette avait non seulement été préparée théologiquement pour une si belle mission, mais son cœur d’apôtre n’avait qu’un désir : parler de Dieu et le faire aimer. Son mot d’ordre venait du livre de Siracide (l'Ecclésiastique) : « Parle, vieillard, car cela te revient, dis exactement ce que tu sais, mais n’empêche pas la musique. » Si 32, 4 « Cette mission » écrit-elle « aura été celle de “l’amitié au service du royaume”. »

 

Un travail aussi intense, même soutenu par une prière personnelle et communautaire, finit par user les forces. Les religieuses durent quitter cette mission, accompagnées par une foule émue.  Elle y a laissé une partie de son cœur.

 

En 1999 c’est à Montréal qu’elle fut accueillie. Après un séjour dans la famille, elle prit place dans l’équipe du Centre Missionnaire. Son travail consistait à accueillir les demandes d’aide pour des projets venus de tous les coins du globe, à les rédiger leur donnant la forme voulue pour les adresser ensuite à un organisme de charité qui voudrait bien les financer. Un rapport écrit venait pendant l’année confirmer la bonne utilisation de l’argent reçu et l’espérance apportée dans la vie des bénéficiaires. Georgette écrira : « Ces bienfaiteurs sont le cœur et les mains du Seigneur, rejoignant ses fils et ses filles plongés dans l’infortune, la souffrance et la privation. J’ai été heureuse de vivre pendant 14 années la mission qui m’attendait au Canada. »

 

 Tout en accomplissant cette mission auprès des pauvres, elle partagea avec ses sœurs une recherche biblique, assura l’animation d’un groupe communautaire et donna quelques retraites à nos associées. En 2013 souffrant de cécité, devenant de plus en plus mal entendante, son rythme de vie diminuant, elle fut admise à notre infirmerie provinciale.

 

« À mesure que j’avance en âge, dit-elle, j’ai un désir plus grand de rencontrer Dieu, de croître dans son intimité. Ce n’est pas une chose que je peux accomplir de moi-même. Il me faut tout simplement faire confiance à cette voix intérieure qui m’indique la route à suivre. Et cette voix me dit : Dieu t’aime et son amour te suffit. »

 

La voix de celui qui l’appelait doucement, Georgette a su l’écouter. Dans les derniers mois de sa vie, elle était abandonnée et se préparait aux noces éternelles. C’est dans le calme et le recueillement qu’elle fit le passage dans l’éternité. Le Dieu d’Amour qu’elle avait proclamé, servi et aimé l’accueillait dans son Paradis.