(Irma de la Vierge)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Beauport, Québec

le 28 mars 1935

 

Entrée dans l’Institut à Québec

 le 5 juin 1955

 

Décédée à Montréal

 le 18 novembre 2017

 dans sa 83e année,

la 63e de sa vie religieuse

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Huguette est née à Beauport, Québec, le 28 mars 1935. Son père, Willie Gauthier, était voyageur de commerce, donc souvent absent de la maison. Sa mère, Jeannette Francœur, femme admirable, s’occupait du foyer avec les 10 petits qui grandissaient et recevaient de leur maman une éducation à la fois religieuse et humaine. Huguette était la 7e. C’est à Trois-Pistoles où la famille venait de déménager que Huguette fit ses études primaires et secondaires, à l’École des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Elle réussit avec grand succès ses études et son père avait désiré que sa fille devienne femme d’affaire. 

 

Tous les ans, la famille venait à Saint-Malo, Québec, visiter tante Berthe, sœur de leur maman, qui était religieuse chez les FMM.  C’est pendant une de ses visites, que le mystère de l’appel à la vie religieuse se fit connaître au cœur d’Huguette.  Elle n’avait plus qu’un désir offrir tout son être à Dieu, pour que l’Esprit accomplisse en elle l’œuvre du Père. Elle en parla à ses parents, qui après un discernement la laissèrent partir. Huguette avait 20 ans.

 

Elle commença sa formation religieuse le 5 juin 1955 au noviciat de Québec et prononça ses derniers vœux le 15 décembre 1960. Elle demeura à Québec quelques années. Tout en faisant son cours d’Enseignement Ménager et d’Éducation Familiale, elle aidait à la broderie et secondait la Mère Procuratrice, pour ensuite venir à Montréal en 1966 suivre un cours à l’École de Puériculture, Notre-Dame de Liesse, dirigée par les Sœurs Grises de Montréal. 

 

En 1967 s’ouvre alors pour elle la plus belle mission, celle de travailler avec les enfants. En tenue de service elle donne son temps, son amour, sa compréhension, sa compétence à la colonie de vacances à Sainte-Julienne, mais surtout ici au Centre d’Accueil Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Montréal. Plusieurs fois elle exprima son bonheur d’avoir été présente auprès de ces petits qui, trop tôt dans leur vie, vivaient des souffrances inouïes. Que de larmes essuyées, que de plaies soignées, que de cœurs réconfortés, que d’enfants à qui elle a offert paix et sécurité.

 

Quatorze années s’étaient écoulées. Huguette était dans la quarantaine quand des signes de faiblesse musculaire vinrent bousculer sa vie. Admise à l’Hôpital Neurologique de Montréal, elle en sortit avec un diagnostic indiquant les débuts de la maladie de la sclérose en plaques.  On était en 1981.

 

Alors commença pour Huguette la montée du calvaire, chemin qu’elle parcourra avec courage jusqu’au bout de sa vie, vivant chacune des étapes avec lucidité et consentement à la volonté de Dieu. Quand elle était petite, dit-on, elle était sage, gentille, mais elle avait un petit caractère et était capable de dire NON !  Elle dira NON au découragement devant la maladie qui l’assaillait et en retarderait les conséquences néfastes aussi longtemps qu’elle le pourrait.

 

La force de son âme, elle nous le révèle dans ses notes personnelles.  Elle écrit : « Seigneur, hâtez-vous de me secourir. Je viens de recevoir une obédience.  Au lieu de retourner avec les enfants, je deviens sous-assistante au Centre. Je m’abandonne à vous comme je l’ai fait jusqu’à maintenant.  Je suis consciente que les enfants me fatiguaient beaucoup.  Je n’étais plus capable de les prendre dans mes bras et je me sentais nerveuse. Je suis anxieuse. Pourquoi ?  Mon Dieu, viens à mon aide ; donne-moi la grâce d’être patiente, même très patiente, car je sens que j’en aurai énormément besoin. »

 

En 1986 elle suivit un traitement de spasticité à la clinique de recherche de la sclérose en plaques. Elle recevra des traitements de physiothérapie.  Elle se déplacera d’abord avec des béquilles, puis des prothèses et graduellement elle devra utiliser un fauteuil roulant. Artiste, elle dessinera des tableaux, confectionnera des cartes.  Indépendante, elle subviendra à tous ses besoins personnels. Libre, elle fera les arrangements pour sortir en transport adapté, fréquentera les centres d’achats, et achètera des bonbons qu’elle placera dans des petits paniers confectionnés par elle et qu’elle distribuera ensuite de chambre en chambre à ses sœurs malades.

 

La maladie poursuivant son cours. En 1990, Huguette fut obligée d’être admise à notre infirmerie de Sainte-Anne-de-Beaupré, puis en 2003 à l’infirmerie de Montréal. Désormais sa mission sera son cœur, accueil bienveillant et compatissant pour qui frappe à sa porte.

 

Il n’y a pas de mots pour dire comment elle a marqué nos vies par sa présence douce et silencieuse, par l’héroïcité de sa vie vécue jusqu’au bout dans la souffrance, la paix et l’amour.  Au matin du 18 novembre 2017, elle donna un dernier sourire, puis elle s’endormit dans le Seigneur. Ses paupières à demi-ouvertes laissaient apparaître des yeux brillants comme des étoiles. Nous avions l’impression qu’elle voyait Dieu.