(Marcelline de la Passion)

 Franciscaine Missionnaire de Marie

 

Née à Mont-Carmel (Kamouraska), QC

le 25 février 1928

Entrée dans l’Institut à Balzan, Malte

 le 15 mars 1949

 

Décédée à Montréal

 le 24 mars 2018

 dans sa 91e année,

la 70e de sa vie religieuse

 

Qu’elle repose dans la paix du Christ ! 

 

Sœur Jeannette Mignault est née le 25 février 1928 à Mont-Carmel de Kamouraska, de Zéphirin Mignault et de Marie Langelier. Le lendemain elle reçut le baptême et grandit à St-Pascal, dans un foyer heureux auprès de parents aimants et tout donnés à leur mission de parents chrétiens. Elle était la 3ième sur 15 enfants, ayant 7 frères et 7 sœurs. À l’âge de cinq ans elle fréquenta l’École des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame et elle fit sa première communion dans leur chapelle durant la nuit de Noël. Elle en garda un souvenir inoubliable. «Je me trouvais » dit-elle,  « dans le premier banc, tout près de la crèche où il n’y avait que l’Enfant Jésus. Après avoir reçu la communion j’ai cru entendre Jésus qui m’appelait à me donner toute à lui, sentiment qui ne me quitta jamais. »

 

Sœur Jeannette poursuivit ses études chez les Sœurs de la C.N.D. et obtint son brevet d’enseignement. Avant de quitter l’école, les religieuses invitaient les élèves à faire une retraite. Sa rencontre avec le Père directeur, lui confirma son désir de la vie religieuse missionnaire. Elle enseigna trois ans, puis fit son entrée au Noviciat des FMM à Québec le 19 mars 1949. Femme dynamique et profonde, elle prend sa formation religieuse au sérieux, rayonnant la joie de Celui qui l’appelait à le suivre. Dans le silence et la contemplation elle fera l’expérience d’amour d’un Dieu Trinitaire l’invitant, pour toujours, au don d’elle-même pour le salut du monde. Elle prononça ses vœux perpétuels le 17 septembre 1954.

 

Sa première mission sera d’abord dans l’enseignement avec les petits enfants de la Providence à St-Malo de Québec puis au scolasticat de Rigaud. Elle accomplira ce ministère une quinzaine d’années. En 1963, à la demande de ses supérieures, elle fera le cours d’infirmière à l’Hôtel-Dieu de Québec. Peu de temps après, en 1968,  Sœur Jeannette réalisera son rêve missionnaire et recevra son obédience pour l’Indonésie. Elle aura comme mission, l’enseignement auprès de jeunes étudiantes se préparant à devenir infirmières. À Jakarta elle sera suppléante directrice de l’École secondaire, puis à Jambi professeure de religion et de science morale pour les étudiants musulmans.

 

Revenue au Canada en 1974 pour son retour en famille, on lui demanda d’y demeurer pour l’animation missionnaire en paroisse et dans les écoles. Elle s’engagea donc en pastorale paroissiale à Ottawa et à Gatineau. C’est alors qu’elle reçut un appel de l’archevêché d’Ottawa pour étudier en Droit Canonique, afin de se préparer à travailler dans un Tribunal ecclésiastique pour les causes de nullité de mariage. Après avoir obtenu une Maîtrise en Droit Canonique, elle se dévoua aux Tribunaux d’Ottawa et de Calgary puis au Tribunal national d’Ottawa pendant environ quinze ans. Elle a rempli cette mission avec un cœur d’apôtre et de pasteur. « La rencontre avec ces personnes blessées, s’avère douloureuse au départ » dit-elle, « mais génératrice de paix, d’espoir et de guérison intérieure. Beaucoup y retrouvent le goût et la force de renaître à une vie nouvelle… » 

 

Ayant terminé cette mission où elle avait touché et guéri tant de cœurs, elle fut appelée comme secrétaire provinciale  pour une période de quatre ans, puis un fléchissement de santé mit fin à sa vie missionnaire active. Alors elle se rendra disponible rendant divers petits services. Avec tact et courtoisie, elle accompagnera spirituellement nos sœurs malades à l’infirmerie de Montréal. Attentive, accueillante, sa présence rayonne  la paix.

 

Sœur Jeannette gardait aussi un amour tendre pour sa famille. Quelle vénération profonde pour ses parents, quel amour unique et particulier pour ses sœurs et ses frères, quelle fierté pour ses neveux et nièces. Elle vivait à plein le bonheur de chacun, se réjouissait des petits plaisirs qu’on lui donnait  et pleurait avec les siens les chers disparus. Elle était tout simplement présente… c’était pour sa famille son témoignage d’amour.

 

Pour nous, ses sœurs, elle était une femme positive, qui a toujours voulu l’excellence, autant pour elle que pour ceux et celles qu’elle côtoyait. Elle cherchait la meilleure solution aux problèmes rencontrés. Professeure chevronnée, nous avions toujours recours à elle pour relire nos textes de français afin d’y découvrir la faute grammaticale oubliée! Femme de prière, désireuse de silence et de solitude,  elle renouvelait chaque jour devant le Très Saint Sacrement exposé le don d’elle-même pour l’Église et les âmes.

 

Le 20 août 2016, des signes de faiblesse, d’oubli, de fatigue se firent sentir et Jeannette fut admise à l’infirmerie. Ce grand pas dans la vie de toutes personnes n’est pas facile à accepter, mais Jeannette  avec quelques larmes dans les yeux  accepta cette nouvelle et dernière étape dans sa vie. Elle était heureuse et en sécurité, entourée et aimée des personnes dédiées aux soins de nos malades. Son cœur reconnaissant savait apprécier chaque geste de charité enrobé de respect et d’amour.

 

Puis un matin, dans le plan de Dieu,  devait naître l’aurore du dernier des jours  où Le Bien-Aimé viendrait chercher son épouse.  Jeannette était prête.  Entourée des êtres chers,  elle s’est endormie dans la paix. C’était le 24 mars, veille de  l’Annonciation à 10h05.

 

Dans ses notes spirituelles Jeannette avait noté : « Merci, mon Dieu, d’avoir répondu à mes aspirations d’intimité avec toi dans ma vocation d’adoratrice missionnaire. Je te prie de me permettre de vivre mes dernières années sur terre dans l’attende sereine de la plénitude d’amour dans notre face à face éternel. »

L’appel de Dieu, don gratuit de son amour, nous invite à suivre le Christ, à nous laisser saisir par lui et à nous enraciner en son mystère.

 

Nous y répondons par le don de nous-mêmes qui libère pour Dieu et les autres.                           (CS 50)